Paris, 1886. En hommage au créateur de la microbiologie est inauguré un centre de recherches, d'enseignement de chimie biologique, de préparation de sérums et de vaccins qui portera le nom d'Institut Pasteur. Neuf ans plus tard, à la mort du savant, les instituts du même nom éclosent un peu partout en France et dans le monde. A Nantes le Conseil Général est “saisi du projet de la création de l'Institut Pasteur de la Loire-Inférieure le 22 août 1895. Il en a accepté immédiatement le principe et, dans une session extraordinaire tenue au moins de janvier 1896, il votait avec une grande libéralité les moyens de mener l'œuvre à bonne fin (…)”. Alfred Riom, alors maire de Nantes, cède au département un terrain situé non loin de la gare de chemin de fer de l'État, boulevard Victor Hugo et une souscription est lancée par Maurice Schwob, directeur du journal “Le Phare de la Loire”.
Boulevard Victor-HugoMais le projet se retrouve privé de ses motivations initiales car l'Institut Pasteur parisien s'engage à fournir au département toutes les quantités nécessaires de sérum antidiphtérique.
Néanmoins, les travaux débutent afin de réunir le Laboratoire de Bactériologie et la Station Agronomique. Le projet comprend la réalisation de deux bâtiments parallèles de 27 mètres sur 14, une serre, un four crématoire, une cave pour la conservation des sérums, une remise et une écurie ainsi que des bâtiments de service destinés au concierge et aux animaux d'expérimentations.
Gravée un peu précipitamment, la mention inappropriée d'Institut Pasteur ornera fièrement le fronton du bâtiment jusqu'en 1960 avant de disparaître lors d'un ravalement.

Projet de façade principale de l'Institut Pasteur de Loire-Inférieure, 12 novembre 1895
Placé sous la direction du docteur Gustave Rappin, le laboratoire de bactériologie est composé de douze pièces disposées de manière à pouvoir répondre aux trois ordres de travaux à exécuter dans cette section : conservation et distribution des sérums antiseptiques ; service des analyses et recherches pratiques ; travaux scientifiques originaux. Composé d'un laboratoire d'hygiène et d'un laboratoire de recherche permettant la diffusion des connaissances en matière de bactériologie, il dispose également d'espaces réservés aux sérums, à la météorologie ou à la stérilisation des instruments.
Le laboratoire regroupe les services d'analyses bactériologiques de médecine et d'hygiène qui s'intéressent à diverses affections telles que diphtérie, choléra, rage, dysenterie, syphilis. Il poursuit également ses recherches sur les eaux de la Loire.
D'une disposition similaire au Laboratoire de Bactériologie, elle comporte diverses pièces – toutes équipées du gaz et de l'eau – destinées à l'étude des terres, produits de grandes cultures, analyses des boissons fermentées, ou encore à l'étude de microgermes intéressant l'agriculture. La station dispose en outre d'une chambre noire pour les investigations polarimétriques et spectroscopiques ainsi que pour la préparation des épreuves photographiques.
Ses travaux se tournent vers les analyses faites pour les agriculteurs, les services et les communes du département, mais aussi celles demandées par le commerce, l'industrie et les particuliers. Il peut aussi, à la demande du Service d'État de la répression des fraudes, analyser les denrées alimentaires de différents départements de l'Ouest.
De 1905 à la fin des années 1930…
Les analyses effectuées à la Station Agronomique passent de 2134 à 3518 et celles du Laboratoire de Bactériologie de 823 à 1555 examens.
| 1952 - 1990 : multiplier les activités… |