Tout aurait débuté par une histoire de mer, de soleil et de navires en partance. Tout partirait donc des quais du port de Nantes, du débarquement des marchandises exotiques, du commerce et de l'industrie. Les premiers pas de l'histoire de l'Institut Départemental d'Analyse et de Conseil épousent ceux du commerce nantais du sucre quand, en 1820 le futur maire nantais Ferdinand Favre - raffineur et botaniste à ses heures - détermine la valeur fertilisante du noir animal. Employé lors des étapes de raffinage, ce produit de la calcination des os se révèle un excellent engrais et la demande du monde agricole excède bientôt l'offre des producteurs. En quelques années, la fraude sur les engrais s'installe. Le Conseil Général de Loire-Inférieure s'alarme et fixe une récompense “pour la recherche d'un moyen analytique susceptible de fixer avec précision la valeur d'un noir de raffinerie”.
Le 6 juin 1838, un chimiste vérificateur des engrais et un chimiste essayeur composent désormais le premier Bureau d'essai des engrais.
En 1849, un dépôt public ou chantier public départemental d'engrais s'installe sur la Prairie au Duc. Les produits qui y sont déposés ont été soumis à analyses. Authentifiés, ils font l'objet d'un étiquetage de la composition. Mais il faut faire plus encore…
L'année 1852 marque la création du Laboratoire d'Analyses Agricoles. Après avoir été nommé à la tête du Laboratoire pour la vérification des engrais, Adolphe Bobierre - surnommé “Pierre l'Ermite des engrais” pour la constance de son action - prend la direction du Laboratoire d'Analyses Agricoles, alors premier laboratoire de chimie agricole de France. Outil réactif, celui-ci a pour mission de mettre en lumière les fraudes éventuelles sur les engrais et doit apporter les preuves nécessaires à leur répression. Peu à peu, le laboratoire devient une structure officielle et le Laboratoire Public pour l'analyse des engrais, matières utiles à l'agriculture effectue bientôt gratuitement les analyses des échantillons envoyés par les agriculteurs.
Le Laboratoire d'Analyses Agricoles s'installe rue du Moulin à Nantes. Il trouvera place successivement à l'Ecole Supérieure de Sciences et dans les dépendances de l'Ecole de Médecine et de Pharmacie jusqu'en 1894, année où Ambroise Andouard – successeur d'Alphonse Bobierre – recherche activement une nouvelle structure : en 15 ans, les analyses sont passées de 300 à plus de 10 000…
Car la seule fraude sur les engrais a cessé depuis longtemps de monopoliser l'activité des chercheurs du Laboratoire d'Analyses Agricoles, dont les compétences ne cessent de s'étendre: études des céréales, légumes, pommes à cidre, analyses des beurres, recherche du cuivre dans les vins des vignes sulfatées, etc. Le laboratoire publie également des travaux sur la santé publique, les eaux de Nantes, celles de la Loire ou encore l'insalubrité du quartier de Pont-Rousseau. Les murs deviennent étroits et il est temps de trouver des locaux adaptés.

Ecole de Médecine et de Pharmacie de Nantes
| 1895 - 1952 : l’Institut Pasteur de la Loire-Inférieure |